Juillet 2026
Silence éditorial : ce que j'ai appris en prospectant pour un titre de fantasy sud-asiatique
Ça fait un mois, toujours pas de réponse... Mince, j'ai sûrement mal préparé mon dossier, il devait rester des fautes. Est-ce que j'ai mal analysé le livre ? Ça se trouve, ça ne rentre même pas dans leur ligne éditoriale !
Stop, on respire. Il faut analyser la situation.
Le premier refus
Premier retour : un refus. Au moins, c'est une réponse.
J'ai eu la chance que ce soit une réponse argumentée, pas simplement un « non » sec et froid. La raison précise ne m'a pas été donnée clairement, juste que le livre avait déjà été considéré, et refusé. Mais le fait même que le refus soit expliqué m'a rassurée. Conclusion : mon ciblage était bon.
Le faux espoir, puis le silence
Première réponse d'une autre maison, après plus de trois mois d'attente : j'apprends que les délais sont longs, dans ce métier. On me dit que le projet va être communiqué au directeur éditorial. Une belle réponse ! Ça me remotive, et ça me donne de l'espoir. Un peu trop, peut-être.
Les mois passent. Peut-être que le directeur éditorial n'a pas validé. Peut-être une surcharge de travail. Peut-être, finalement, que ce n'est pas compatible avec leur ligne éditoriale.
J'ai fait une relance, après tout j'avais déjà eu une réponse. En vain. Plus aucun retour depuis.
Je prends ce silence comme un refus, du directeur éditorial, pas de la personne qui avait initialement estimé le projet assez intéressant pour le transmettre. Les raisons peuvent être variables.
Je comprends la charge de travail dans l'édition, je l'ai connue moi-même, pendant mes années comme assistante éditoriale. Et malgré cette charge, je prenais le temps de répondre aux sollicitations, par respect envers la personne qui avait préparé tout un dossier, souvent au prix de nombreuses heures de travail.
Ce que ça a changé
Je continue la prospection, évidemment. Mais pas de la même façon.
J'ai repris toute la présentation de l'ouvrage, en me demandant : un éditeur, un directeur éditorial ou un comité de lecture qui manque de temps, de quelles informations a-t-il vraiment besoin en premier ? J'ai aussi commencé à donner à ces titres une présence dans mes publications, en parallèle de la prospection directe.
Je n'attends plus les réponses comme avant. Je n'envoie plus les dossiers comme avant non plus : pour certaines maisons, la bonne personne à contacter est en littérature étrangère ; pour d'autres, il existe une collection spécifique à cibler. Et surtout, les mois passent, et je reste sereine. Je sais qu'une réponse viendra et si elle ne vient pas, c'est aussi une réponse.
Mariam Ikbalhoussen - traductrice littéraire et audiovisuelle, spécialisée en fiction sud-asiatique et en contenus culturellement denses. Ancienne assistante éditoriale, je connais les deux côtés de la table. Je propose des préqualifications éditoriales (lecture de l'original, note de faisabilité traductive, extrait traduit) pour aider les éditeurs à évaluer les projets sud-asiatiques avant acquisition.
